Intimement lié à l’essor balnéaire de la Côte d’Emeraude, Le Grand Hôtel de Courtoisville a rouvert ses portes après trois années de rénovation d’exception. Une superbe renaissance pour cette adresse qui s’est affirmée, depuis plus d’un siècle, comme l’une des plus belles villas-hôtels de la cité corsaire. Visite de ce lieu plein d’âme qui entremêle histoire et art de vivre malouin, tout en élégance et petites attentions…
A Saint-Malo, les villas cossues qui bordent la longue plage du Sillon sont indissociables de l’essor balnéaire de l’ancienne cité corsaire. Mêlant les influences bretonnes, néogothiques et Art nouveau, parfois même d’inspiration normande, flamande ou italianisante, ces « dames de la côte » témoignent toutes de l’élégance de l’architecture balnéaire de la Belle Epoque. Mais à deux pas de ces coquettes parées de créneaux, de tourelles et de pans de bois, se dresse une demeure qui raconte tout aussi bien les débuts de cette vogue des bains de mer, un lieu qui vit défiler les élégantes en robes longues et ombrelles de soie, les familles en villégiature et autres voyageurs en quête de lumière et d’air iodé : Le Grand Hôtel de Courtoisville.
Un hôtel qui raconte l’histoire de Saint-Malo
Né dans l’effervescence du début du XXe siècle, dans le sillage du prestigieux Casino de Paramé, cet hôtel a traversé les décennies, les modes et les tempêtes sans jamais perdre son âme, ni son essence malouine. Mieux ! Après trois années de travaux orchestrés par Hervé Riaudet, du Cabinet Méridien Zéro, cet hôtel emblématique de la Côte d’Emeraude s’est créé un avenir à la hauteur de son passé. Les meilleurs artisans et artistes de Bretagne se sont relayés pour redonner tout son éclat à ce lieu afin qu’il ne cesse jamais d’être ce qu’il a toujours rêvé, un 4 étoiles chaleureux et raffiné où l’on aime revenir, encore et encore.
La douce continuité d’un certain art de vivre
Car ce que l’on vient chercher, à deux pas de cette emblématique plage qui mène les promeneurs jusqu’aux remparts de Saint-Malo, c’est un certain art de vivre, la douce continuité d’une époque de plaisirs balnéaires. Sous l’impulsion de son nouveau propriétaire, le groupe familial Beautiful Life Hotels -également à la tête du Royal Emeraude, du Domaine de Locguénolé ou des Etangs de Corot- Le Grand Hôtel de Courtoisville a su se réinventer pour s’ancrer dans son époque.
Une oasis urbaine d’inspiration Art déco
Sa renaissance s’est effectuée dans une élégante continuité architecturale, respectant les origines de cet emblème de la Belle Epoque. Comme en écho au bâtiment historique, une aile jumelle s’est élevée sans qu’il y paraisse, ajoutant aux volumes, mais également à la lumière qui pénètre largement dans le lobby lové sous une superbe verrière d’inspiration Eiffel. Lignes graphiques et courbes harmonieuses rappellent la douceur de vivre au début du siècle dernier, dans un esprit Art déco revisité par des matériaux nobles comme le laiton, les bois chauds et les velours enveloppants.
Un hôtel harmonieux, à toute heure de la journée
Tourné vers un jardin, charmant cocon végétal imaginé par le paysagiste Hugo Campion, Le Grand Hôtel de Courtoisville est bien plus que courtois. C’est le compagnon rêvé d’un séjour malouin, une adresse complice dont tous les espaces, ponctués de petites attentions et de clins d’œil décoratifs, rythment la journée des voyageurs. Un café crème tout en lisant le journal sous la verrière qui tient autant du lobby que d’un cabinet de curiosités épuré, déjeuner ou tea time gourmand dans le jardin abrité du vent et cocktail signature dans l’atmosphère feutrée du bar Le Baccara qui rend hommage aux fastes des casinos d’hier…
Un équilibre unique entre patrimoine et création contemporaine
Les ambiances évoluent en fonction des lumières et des humeurs de la journée, chaque espace racontant une histoire qui lui est propre, passant des teintes claires de l’extérieur aux couleurs chaudes et enveloppantes de l’intérieur, le tout souligné par les savoir-faire locaux, les guéridons qui se transforment en plateaux de jeux, les luminaires sculpturaux d’Aurélie Cousin (mention spéciale pour ses lustres méduses qui vous plongent dans la poésie des abysses), les tables façonnées par Ostrea à partir de coquillages ou bien les pièces sculptées d’Anouchka Potdevin. Un équilibre unique entre patrimoine et création contemporaine…
Des chambres chaleureuses aux couleurs de la Bretagne
Grâce à son directeur Franck Louâpre, qui a mis son expérience des groupes Barrière au service du Courtoisville, ce 4 étoiles fourmille de petites attentions qui sont bien dignes d’un 5 étoiles. Un plus que l’on remarque également dans le sens de l’accueil et la qualité des services, que ce soit dans les espaces publics ou dans les 63 chambres et suites de l’hôtel. A la fois sophistiquées et chaleureuses, ces dernières affichent l’élégance d’hier et le confort d’aujourd’hui, chacune étant un petit monde en soi. Des Supérieures aux Deluxe, des Prestige aux Familiales, chaque catégorie décline sa propre personnalité en s’inspirant d’un Art déco balnéaire breton avec du bleu profond marin, du vert sauge des bocages, du beige sable apaisant et des tons terracotta, comme l’écorce des pins maritimes.
Une cuisine bistronomique qui rend hommage à Saint-Malo
Ces couleurs de la Bretagne, on les retrouve au Baccara où les cocktails explorent des accords audacieux, entre épices, herbes et notes iodées, mais également à la table du restaurant 1906 -année de naissance du Grand Hôtel de Courtoisville- qui rend hommage à ses racines malouines. Poissons de ligne, coquillages de la baie, viandes locales et légumes des maraîchers voisins sont cuisinés finement par le chef Antoine Pelé qui s’est illustré dans des adresses doublement étoilées, notamment aux côtés de Yannick Alléno. C’est donc dans un décor balnéaire cosy contemporain, dans la verdure du jardin ou dans l’intimité d’une alcôve jonchée de coussins, que l’on savoure des coquilles Saint-Jacques fumées aux algues, un foie gras maison accompagné de betteraves confites, un carré de côte de porc fondant ou un lieu jaune rôti escorté par un millefeuilles de pommes de terre. Un beau voyage entre terre et mer…
Un spa conçu comme un écrin apaisant
Les soins apportés au Spa sont à la hauteur du reste de l’établissement… Tout commence au bord de la piscine intérieure chauffée qui a conservé son fond en inox d’origine, dans un cadre Art déco apaisant, où l’eau et la lumière se répondent sous une belle hauteur de plafond. Les teintes sont douces, les éclairages subtils et les matières naturelles, favorisant le sentiment de bien-être apporté par le bain à remous, le hammam et le sauna.
C’est donc fort bien disposé que l’on pénètre dans l’une des six cabines de soin que compte le spa : là, bercé par le bruissement des arbres, on découvre l’un des rituels signature de la marque Sothys dont les soins exclusifs, qui tirent leurs bienfaits des plantes et des fleurs de jardin, s’adaptent à tous les besoins du corps. Le retour à la réalité se fait ensuite tout en douceur, dans une charmante tisanerie-cocon abritant des canapés, rocking chairs et méridiennes molletonnés pour prolonger la détente avec un bon livre, dans la lumière d’une verrière ensoleillée… Autant d’atouts qui nous font penser qu’au Grand Hôtel de Courtoisville, l’un des plus beaux hôtels de Bretagne, la Belle Époque n’est pas un lointain souvenir : elle a même de beaux jours devant elle !






































