En plein cœur de la préfecture de Shizuoka, à une heure seulement de Shinkansen de Tokyo et à deux pas du mont Fuji, la région de Suruga offre une parenthèse inattendue hors des sentiers battus, pour tous les amoureux du Japon, comme pour les voyageurs en quête d’authenticité…
Située sur la « Golden Route », à mi-chemin entre Tokyo et Kyoto, la région de Suruga ne peut que séduire par son authenticité et sa sérénité, enserrée entre des montagnes verdoyantes, des plantations en terrasses et l’une des baies les plus profondes du monde. Si comme partout au Japon, le littoral est plus peuplé et urbanisé, l’intérieur des terres dévoile des paysages plus préservés, offrant un véritable dépaysement, bien loin de l’effervescence de Tokyo, pourtant si proche. Car ce qui fait tout le charme et la beauté de cette province ourlée par le Pacifique, ce sont ses merveilleux points de vue sur le mont Fuji saupoudré de neige, mais également ses plantations de thé qui s’étagent sur les collines.
Suruga, le pays du thé vert
Suruga peut en effet s’enorgueillir d’être le plus grand producteur de thé vert du Japon. De sa grande baie éponyme jusqu’aux montagnes du nord, on y distingue cinq vastes zones de culture de « l’or vert » : Makinohara, Shida, Kawane, Honnyama, et Shimizu. Les voyageurs peuvent donc y faire emplette de thés de qualité, mais aussi partager de nombreuses expériences originales autour de ce breuvage, via notamment des visites et des dégustations chez des producteurs locaux, des cours de calligraphie avec du thé matcha, des ateliers de teinture à base de thé et bien sûr, des cérémonies du thé traditionnelles.
Une gastronomie surprenante, des collines à la mer
Plusieurs restaurants proposent des accords surprenants entre mets et thés, des sushis ou repas teppanyaki associés à différentes sortes de thés que l’on savoure tantôt froids, tantôt à température ou même effervescents. Idéalement située sur la « Golden Route », la région de Suruga est réputée pour sa gastronomie qui puise autant dans les terres qu’en haute mer. On y déguste d’excellents fruits de mer (mention spéciale pour les crevettes « sakuaebi »), toutes sortes de poissons, dont les fameuses bonites « katsuo », et des fruits parfumés comme des fraises et des mandarines bien juteuses.
Des expériences culturelles dans la plus pure tradition japonaise
Ancienne province féodale, la région de Suruga est aussi riche en histoire qu’en traditions. Parmi les incontournables, la visite du sanctuaire de Kunozan Toshogu qui s’élève sur les hauteurs de Shizuoka City. Accessible en téléphérique ou par un escalier de 1 159 marches, ce lieu sacré classé « Trésor National » vaut bien quelques efforts car non content d’offrir une belle immersion spirituelle au Japon, d’abriter les reliques d’un shogun emblématique de l’histoire de l’archipel ainsi qu’une belle collection de sabres et d’armures, celui-ci offre une vue spectaculaire sur l’immense baie de Suruga.
Un artisanat vivant tout en étant authentique
Riche en histoire et en traditions, cette province centrale est habitée par de nombreux artisans qui suivent les préceptes de leurs ancêtres depuis des générations. Shizuoka City accueille d’ailleurs le Centre artisanal de Takumishuku où des maîtres-artisans font perdurer les savoir-faire et techniques ancestrales en proposant différentes expériences telles que le travail du bois ou du bambou, la teinture japonaise, la laque ou encore la céramique. Nombreux sont les artistes que les paysages de Suruga ont inspirés. Parmi eux figure le grand maître de l’estampe japonaise : Utagawa Hiroshige. Ce dernier est notamment connu pour ses dessins de la Miho no Matsubara, la pinède de Miho, située sur la péninsule du même nom. Ne manquez pas de découvrir ce lieu sacré où plus de 30 000 pins bordent le littoral sur près de 7 km, dévoilant l’un des plus beaux paysages du Japon, avec une vue unique sur la baie de Suruga d’un côté, et le mythique mont Fuji de l’autre.




























