Que seraient-ils venus faire ici dans ces montagnes déchiquetées qui tombent dans la mer, au milieu de ces à-pics, dans ces villages perchés, perdus, qui ne donnent sur rien d’autre qu’un vide abyssal avec parfois le turquoise en toile de fond ? Que seraient venus faire ici Flaubert, Bazin, Daudet et tous les autres ? Et moi pourquoi suis-je ici ? Pourquoi ai-je décidé de perdre le regard dans ces vallées sombres, dans ces sommets noirs, dans ces criques baignées d’azur ? Pourquoi ai-je décidé de me noyer dans la douceur d’une balade en Balagne ? Pour voir trois « people » essayer de se faire oublier chez Tao ou de se faire remarquer aux Mille Sabords ? Pour tenter de percer le mystère presque mystique qu’évoquent ces villages en suspension ?
Des confins du désert des Agriates aux criques de Scandola, de Calvi à l’Ile-Rousse, je décide de me laisser bercer par les routes en lacets serrés, les noms qui chantent, les lumières qui se jouent des reliefs, les ombres apaisantes puis angoissantes parfois. Lumio, Pigna, San Ambrogio, Algajola, Calenzana, Olmi Capella ; les noms de chaque village sont des invitations aux voyages dans le temps. Speloncato, Calenzana, Avapessa, Belgodère ; retours fugaces vers les origines grecques, génoises de l’île, vers les légendes des clans et des grandes familles qui ont façonné la Balagne, le « jardin de l’île de beauté ». Fare niente sur une plage farine qui semble avoir été oubliée, fare niente à l’ombre d’un chêne vert ou blanc, fare niente dans une eau cristalline… Ou s’échapper, essayer de prendre le large, de prendre de la hauteur ?
Prendre le large
Et aller d’une crique à l’autre, caboter au gré des vents, jeter l’ancre au hasard des coups de cœur. Passer la pointe de la Revellata, s’arrêter un moment juste après Capo a u Cavallo, plonger comme Alphonse Daudet dans une « mer, transparente comme une source, traversée de soleil jusqu’au fond. » Lever l’ancre encore, s’éloigner, naviguer avec une compagnie de dauphins blancs qui m’escorte pendant plusieurs miles… et m’abandonne. S’arrêter encore, tenter une pêche qui n’aura sans doute rien de miraculeux. Attendre puis déguster. Admirer le ballet de barcasses, de voiliers, de yachts chics qui croisent aussi d’une baie à l’autre. Siester, bercé. Enfin, filer finalement à l’anglaise vers la réserve de Scandola. Apercevoir le fortin à tour carré de Girolata mais être effrayé par la foule déversée par paquets sur la petite plage au fond de la baie ; tracer sa route. Je me noie dans les bleus, dans les teintes de plus en plus rouges des chaos volcaniques. Je me perds dans la lumière. Mais là encore, j’ai soudain envie de solitude… Je me cache dans une crique, j’attends…
Prendre de la hauteur
Et aller de balcons en balcons, de lacets en épingles à cheveux, de pitons en chapelles. Monter, descendre, se fondre dans la vallée du Ghjunsani, monter à travers pins et châtaigniers à Olmi Capella. Alors que je me goinfre de canestrelli, de divins gâteaux d’amande et de noisette parfumés à l’anis, je me mets à imaginer une retraite bienheureuse. Faire comme Guy de Maupassant ou Alain Peyrefitte et me retirer au couvent ; me cacher à Corbara et goûter cette terre que certains disent « sainte ». Sans avoir le courage des randonneurs du GR20, du Mare a Mare, vouloir monter aux sommets des montagnes tutélaires du Monte Padru (2 393 m), de la Statoja (2 305 m), du San Parteu (1 680 m) et finalement se repaître en pleine forêt de Tartagine d’une longue baignade dans une vasque naturelle. Une telle pause au creux de rochers tourmentés se mérite : il faut marcher un peu, se perdre aussi, douter, bifurquer pour fuir une joyeuse troupe par trop bruyante ; et trouver son paradis. A l’ombre du pin, le mien, dorénavant. Mon arbre, mon balcon qui domine un clocher joufflu, une ruine, mon parc aux mille parfums. Ceux qu’aima tant Dorothy Carrington : « … le parfum de la Corse tout entière, un parfum dou -amer, qui n’est pas sans rappeler l’encens, capiteux après la pluie, comme une drogue… ». Comme une drogue… et ne plus vouloir redescendre… Mais, alors que les ombres des sommets se font nettement moins hospitalières, décider de revenir à la mer, à ses paillotes à paillettes, à ses petites rades de ports où l’on chante, à ses criques ourlées de pins, à ses tours de guet et ses légendes. On dit ici que Christophe Colomb serait né à Calvi ; impossible, pourquoi aurait-il voulu quitter un tel paradis ?Pour en savoir plus, allez voir le cahier pratique Corse
Dans notre métier, nous avons la chance de beaucoup voyager et de voir des paysages magnifiques et inoubliables. Avec ce portfolio, nous avons voulu partager avec vous un peu de notre chance.Une région d'Espagne, l'Estrémadure à travers l'objectif de la rédaction.
Suivez le guide et ne vous perdez pas en chemin...
Drôle d’aventure que celle qui consiste à explorer avec un guide spécialisé les galeries qui se forment sous les coulées de lave d’un volcan en activité. Cela se passe dans le sud de l’Ile de La Réunion. Et c’est spectaculaire…
Avec ses 2 512 km2 de superficie, entre volcans et plages de sable blanc, l'Ile de La Réunion est un trésor du patrimoine français. Exploration de ce petit coin de paradis.Ville fantasque, terrain de jeux d'une jeunesse cosmopolite et avide de mouvement, Madrid tient en haleine les voyageurs les plus blasés.
La Balagne, « jardin de la Corse » pour les uns, « sainte » pour les autres est aussi (et surtout) terre de cultures. Musique, théâtre, cinéma… ça festivale sec ; à fleur d’eau ou à flanc de montagne. Tour de scènes…Petite balade de printemps en Corse du Sud… Elle passe par la mystérieuse Alta Rocca et sillonne la côte, dans le sillage d’écrivains voyageurs, marqués à jamais par la beauté de l’Île…
Le livre nous tombe des mains, les mots de Pierre Loti tombent à pic : « Au printemps (…), un printemps plus chaud que le nôtre, lourd sous un ciel couvert, avec des senteurs d’orangers et de je ne sais quelles autres plantes presque africaines. ». On décide de prendre de la hauteur et laisser envahir par cet air chaud et parfumé. La route part en lacets, grimpe, grimpe encore avant de redescendre puis de repartir à l‘assaut de ce qui paraît être un à-pic. Dans le rétroviseur apparaît maintenant la baie de Valinco, découpée, presque déchiquetée et bordée d’un large ruban turquoise zébré d’émeraude par endroits. Les maisons ocre de Propriano prennent, d’ici, des allures presque solennelles.
Depuis les années 30, ce petit port mythique a toujours fait parler de lui. En bien – un sublime village génois et des yachts étourdissants – ou en mal – trop de m’as-tu-vu et de défilés de touristes. Reste qu’en dehors de l’affluence du mois d’août, St-Trop n’a pas de souci à se faire. Sa séduction est intacte…
Quelques notes de fraîcheurs nocturne et marine flottent encore dans l’air matinal, il est 7 heures. Il faut savoir se lever tôt pour se délecter de l’été méditerranéen, à Saint-Tropez sans doute plus qu’ailleurs, surtout quand c’est jour de marché. C’est là, au petit matin ou en demi-saison, que l’ancienne cité génoise laisse découvrir à ceux qui savent l’apprécier son identité farouchement provençale, légèrement rebelle et parfois insolente.
Alors que l'on célèbre cette année les 100 ans des Ballets Russes, on se souvient soudain de l'incroyable dynamique culturelle que la Principauté a su entretenir depuis plus d'un siècle. Etat des lieux, bien loin des papiers glacés et couvertures racoleuses.
MADAME VDB est fin prête et attend Monsieur. Robe longue et tuxedo, carats et chevalière, ils quittent leur appartement de la rue Platti et rejoignent leurs amis, les C., qu’ils n’ont pas vus depuis au moins une éternité. C’était à l’Opéra de Monte-Carlo encore. « La Forza del Destino », superbe, enthousiasmant. Pourtant les VdB et les C. sont exigeants ; ils fréquentent les plus belles salles du monde, sont amis avec quelques grands chefs, intimes avec quelques solistes.
Ce petit bout de côte, tout en contrastes et en courbes douces, se conjugue forcément au pluriel. La preuve en une balade de Biarritz à Sain-Jean-de-Luz en passant par L’artzamendi.
LUCAS PIÉTINE. Il revient de la plage des Dunes, la houle est bonne, c’est maintenant qu’il faut y aller et il attend son père. Lucas s’impatiente, il veut être à l’eau avant qu’il n’y ait trop de monde. « T’es sorti ce matin ? » Ici, on ne vous demande pas si vous êtes allé prendre un café, faire trois courses… Non ! On vous demande si vous êtes allé surfer ! Tout le monde ou presque ici a un lien avec le surf.
Destination star de l’Océan Indien, l’Ile Maurice réserve aux curieux bien d’autres surprises encore que lagons de cartes postales et hôtels de rêve. Rendez-vous populaire et événement mondain inontournable, les courses hippiques en est une assurément.

6 décembre, hippodrome du Champs de Mars à Port-Louis, on clôture la saison des courses avec l’International Jockey’s week-end. D’avril à décembre, les Mauriciens se retrouvent en famille, entre amis, toutes catégories sociales confondues, sur les hauteurs de Port-Louis, dans un hippodrome conçu par les Français en 1740 pour les manœuvres militaires. Le Champs de Mars accueille des courses hippiques depuis 1812, ce qui lui vaut le titre de plus ancien hippodrome de l’Océan Indien.


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